Le Brésil organise ce dimanche 4 octobre ses élections présidentielles et législatives dans un contexte géopolitique tendu. Le scrutin se joue bien au-delà des frontières du pays : il s’agit de déterminer si le géant sud-américain restera une puissance progressiste en Amérique latine ou s’il bascule sous l’influence de Donald Trump et de son agenda de droite dure.

La gauche a considérablement reculé dans la région depuis 2022, et le Brésil figure parmi les derniers pays dirigés par un gouvernement progressiste. Cette position singulière fait de Rio le point focal de la lutte pour l’influence continentale. Depuis le retour au pouvoir de Trump, les relations entre Washington et Brasília oscillent entre pressions commerciales trumpistes et accalmies temporaires, tandis que l’extrême droite brésilienne reçoit un nouveau souffle de la Maison-Blanche.

Les enjeux ne sont pas seulement électoraux. Le Brésil, première économie latino-américaine et puissance émergeante du bloc BRICS, doit choisir entre deux trajectoires géopolitiques radicalement différentes. Un gouvernement de gauche consoliderait les partenariats Sud-Sud et renforcerait l’indépendance stratégique brésilienne face à Washington. Une victoire de la droite réalignerait le pays sur l’orbite américaine, affaiblissant les alliances multipolaristes et la capacité de la région à négocier collectivement.

La question à suivre lors du scrutin brésilien pourrait être avant tout géopolitique. Au-delà des programmes économiques nationaux, ce qui se jouera aux urnes aura des répercussions immédiates sur l’architecture du pouvoir mondial et sur la capacité de la région à contrebalancer la domination américaine en Amérique du Sud.

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