Contexte et signalements
Selon le quotidien Tages-Anzeiger, des médecins seraient sollicités pour recevoir une enveloppe d’argent afin d’accélérer le traitement d’un patient. Cette pratique opaque, où des honoraires non déclarés ouvrent la voie à un accès plus rapide aux soins, serait en hausse selon les informations recueillies.
Une association de centres d’aide aux patients en Suisse alémanique a enregistré 32 signalements en six mois, principalement dans le canton de Zurich. Le chiffre réel pourrait être supérieur, car de nombreux patients n’osent pas se manifester par crainte des répercussions.
Montants et domaines concernés
Les montants évoqués varient fortement: 300 francs selon des médecins généralistes de garde, jusqu’à 8 000 francs pour une intervention chirurgicale liée à l’obésité, des actes qui relèvent normalement de l’assurance de base.
Selon Mario Fasshauer, directeur du Centre d’aide aux patients zurichois, la pratique pourrait s’amplifier face à un sentiment d’impunité chez certains médecins. Pire, malgré un signalement, le chirurgien mentionné aurait continué d’exercer.
Cadre juridique et réactions
Le volet éthique de ces pratiques est largement reconnu comme problématique, mais leur légalité demeure floue. L’Association des médecins de Zurich et le Département de la santé de Bâle-Ville les qualifient d’interdit.
À l’inverse, d’autres autorités, comme le Département zurichois de la santé ou l’association professionnelle des médecins en Suisse (FHM), estiment qu’une forme de « priorisation temporelle » pourrait constituer une prestation supplémentaire, à condition que le patient donne son accord.
Région romande et perception du phénomène
En Suisse romande, SOS Droits des Patients rapporte plusieurs cas dans les cantons de Vaud et Genève au cours des dernières années. Dans certains exemples, des pots-de-vin de plusieurs milliers de francs auraient été versés. Aucune statistique nationale fiable n’existe toutefois pour estimer l’ampleur réelle du phénomène.
