Des dizaines de diplomates ont quitté l’Assemblée générale des Nations unies quand Benjamin Netanyahou s’est avancé au podium le 25 septembre 2026, livrant un discours de défiance qui rejetait les accusations de génocide à Gaza et ciblait les critiques étrangères. Le spectacle n’avait rien de fortuit : les delegations qui se levaient pour partir n’agissaient ni par hasard ni par protestation bienveillante. Elles signifiaient simplement que l’ONU avait cessé de fonctionner comme un cadre régulateur de la geopolitique mondiale.

Alors que le Premier ministre israélien se dirigeait vers le pupitre, plusieurs délégués ont quitté la salle. Netanyahou a alors lancé : « S’il y a d’autres lâches moraux qui n’ont pas encore quitté cette salle, faites-le maintenant ». Le ton était donné. Loin de chercher une quelconque conciliation ou de se plier à la diplomatie classique de l’institution, Netanyahou transformait l’hémicycle en tribune tribale. Il n’y avait plus de débat : uniquement un affrontement rhétorique où chacun campait sur ses positions.

Netanyahou a défendu les opérations militaires d’Israël à Gaza et ailleurs dans la région, niant les accusations de génocide en affirmant qu’Israël « ne commettait pas de génocide. Israël l’a prévenu ». Il a accusé plusieurs pays, y compris les nations européennes occidentales, de « succomber aux foules antisémites » et de refuser de soutenir Israël. Aucune nuance, aucune prise en compte de la légitimité des critiques internationales. Juste une posture d’affrontement systématique.

Ce spectacle de dissolution institutionnelle révèle une réalité bien plus grave que les querelles d’estrade entre diplomates. Au lieu d’assouplir la posture de son administration, le leader israélien a opté pour un ton combatif, rejetant les critiques internationales et défendant les actions militaires à Gaza et contre l’Iran. Selon une analyse publiée par l’Independent, ce discours reflétait un plus large choc idéologique sur la scène mondiale, reprenant le style combatif associé à Donald Trump.

L’ONU, qui reste nominalement l’arène où devrait se nouer la diplomatie mondiale, n’est plus qu’une coquille vide : elle peut recueillir des départs en protestation, mais elle est impuissante à imposer des normes minimales de responsabilité. Les puissances qui entendent refuser le jeu des règles s’accordent simplement à le faire depuis la même tribune. La légitimité de l’institution s’évapore à mesure que certains États découvrent que leurs capacités militaires et leurs alliances régionales les rendent imperméables à toute pression multilatérale.

Des centaines de manifestants se sont rassemblés en dehors du siège des Nations unies pour protester contre la présence de Netanyahou et exprimer leur soutien au peuple palestinien. Mais c’est precisement le hiatus entre la mobilisation civile mondiale et l’incapacité des institutions diplomatiques à traduire cette colère en mécanisme de régulation qui caractérise l’effondrement en cours.

Cet événement ne marque pas un incident diplomatique. Il photographie un ordre international en décomposition. Quand les institutions censées réguler les conflits ne peuvent plus que donner la parole à ceux qui les défient, le système même cède sous le poids. L’ONU n’a pas échoué à empêcher Netanyahou de parler : elle a échoué à rester pertinente. Et c’est une tout autre affaire.

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