L’escalade atteint un seuil critique au Moyen-Orient. Lundi 26 octobre, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a annoncé une nouvelle attaque contre l’aéroport international de Riyad avec un missile balistique, déclarant avoir atteint l’objectif avec précision. La fréquence accélérée de ces frappes sur les infrastructures saoudiennes illustre l’effondrement progressif du dispositif défensif régional censé être blindé par les technologies occidentales.
Parallèlement, l’administration Trump préparerait une riposte d’ampleur sans précédent. Selon la chaîne CNN, l’armée américaine planifierait d’importantes frappes ciblant plusieurs infrastructures et sites nucléaires iraniens dans les 96 heures suivant un ordre du président. Cette escalade annoncée s’inscrit dans une logique d’affrontement direct avec Téhéran, non plus indirect par interposition de représentants régionaux, mais frontal et nucléarisé.
Une volatilité énergétique galopante
Les marchés réagissent à cette instabilité croissante. Le pétrole Brent gagne 0,25 pour cent, oscillant autour de 112 dollars le baril. Les opérateurs financiers demeurent figés face à l’imprévisibilité d’une situation qui pourrait dégénérer rapidement en conflit régional à grande échelle, neutralisant les détroits stratégiques du Golfe et propulsant les prix de l’énergie à des niveaux rédhibitoires pour l’économie occidentale.
L’ordre établi se désagrège
Ce qui frappe ici, c’est l’incapacité totale des États-Unis et de leurs alliés à contenir des acteurs que Washington considérait autrefois comme marginaux. Les Houthis, armée de quelques milliers d’hommes ancrée au Yémen, ont imposé une asymétrie stratégique durable : ils frappent, renforcent leur capacité de dissuasion, tandis que le géant occidental se retrouve otage de l’escalade. L’Arabie saoudite, malgré les investissements pharaoniques dans des boucliers défensifs, n’a pu empêcher aucune de ces attaques successives.
L’annonce de frappes massives contre le potentiel nucléaire iranien constitue un tournant. Elle signifie que Washington abandonne la retenue et bascule vers un affrontement total, lequel risque de radicaliser davantage les réactions de Téhéran et de ses alliés. Le Yémen, terre de combat depuis 2015, pourrait devenir l’épicentre d’une conflagration régionale engulfant l’Irak, la Syrie, et le Golfe entier.
Les grands événements économiques et touristiques du Moyen-Orient reflètent d’ailleurs cette anxiété croissante. Le « Davos du désert » et le Dakar 2027 ont été annulés ou reportés, signaux que même les élites régionales désertent ce qui ressemble de plus en plus à une zone de non-droit géopolitique. Trump croit dominer par la force brute. Il ignore que l’ordre qui émerge du chaos n’obéira plus à Washington.