La situation au Soudan vient de basculer à nouveau. Les combats entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (RSF) se sont intensifiés autour d’El Obeid, capitale du Kordofan-Nord, avec des vagues de frappes de drones qui frappent indistinctement marchés et quartiers résidentiels. Depuis octobre, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU dénonçait déjà cette escalade, affirmant que l’organisation restait “alarmée par les attaques incessantes de drones à travers le Soudan, ainsi que par les dommages qu’elles causent aux infrastructures essentielles”.

Les chiffres sont glaçants. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, plus de 500 civils ont été tués par des frappes de drones entre janvier et mi-mars 2026, principalement dans cette même région du Kordofan. Aujourd’hui, alors que novembre progresse, ces attaques ne ralentissent pas. Elles s’accélèrent, tandis que le RSF mobilise ses forces autour de la ville, multipliant les risques d’encerclement et de blocus.

L’ONU observe, l’Occident s’endort

Ce qui distingue cette crise de tant d’autres est l’impuissance manifeste de la communauté internationale. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’était contenté d’encourager les belligérants à respecter les cessez-le-feu négociés par les États-Unis. Des vœux pieux dans un environnement où aucune puissance n’a intérêt à véritablement intervenir. Washington, préoccupé par ses rivalités stratégiques ailleurs, n’y voit qu’une crise régionale de second ordre. Bruxelles, fragilisée par ses propres turbulences internes, ne dispose d’aucun levier. Les puissances régionales ont leurs propres jeux.

Pendant ce temps, les Nations unies documentent, alertent, et puis rien. Les rapports s’accumulent. Les déclarations de porte-parole se répètent. Mais le terrain, lui, ne change pas de direction. Le conflit s’enlise davantage chaque semaine.

La famine à l’horizon

Au-delà des combats, l’ONU et ses partenaires humanitaires avertissent sur une menace encore plus dévastatrice : la famine. Un moniteur de la faim soutenu par l’ONU a déjà identifié des risques importants de pénurie alimentaire généralisée au Darfur et au Kordofan. Avec le déplacement massif de populations, l’effondrement des infrastructures et le blocus autour des villes, cette menace devient chaque jour plus concrète. Comme pour le Yémen, comme pour la Corne de l’Afrique, l’Occident laisse faire. Il regarde ailleurs.

Le Kordofan s’enflamme. Les drones continuent. Les civils tombent. Et l’ONU, paralysée par l’absence de consensus au Conseil de sécurité et l’indifférence stratégique de Washington, ne peut que compter les morts et rédiger des rapports que personne ne lira avec l’urgence qu’il faudrait.

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